Que se passe-t-il dans la salle, quand il fait noir ?
Nous avons observé, entendu, échangé…

Je crois que l’enfant grandit d’un coup d’un seul lorsqu’il rencontre de la matière clownesque, du décalage, de l’accident, de l’inattendu, du personnage. Du haut de
ses deux ans l’enfant sait déjà qu’on ne monte pas sur
la table, qu’on ne crache pas du pain ; il reconnaît toutes les « bêtises ». « Elle fait n’importe quoi » disent les plus grands. Une occasion pour eux de pouvoir nommer,
les interdits. Rares sont les occasions où le tout petit
est à cet endroit, de celui qui a déjà de l’expérience,
des savoirs… il est si « p’tit ». S’il en rit c’est parce qu’il
a un petit recul déjà, cela devient jubilatoire de rire
des « bêtises » des autres, de grandir.


Les adultes ?
Cela dépend…
Parfois cela ne les fait pas rire du tout, certains pensent même qu’on apprendrait aux enfants à faire de nouvelles bêtises… et d’autres fois ils rient avec leur enfant, et de ce temps des « rires ensemble » peut naître une grande complicité, de l’étonnement même : on venait au spectacle pour le plus jeune et voilà qu’on se retrouve
à rire en famille. Nous ne rions pas toujours des mêmes choses, rires en cascade.

Rire ensemble, n’est ce pas humanisant... n’est ce pas dire à l’enfant grandir, c’est un beau projet ? N’est ce pas tisser des liens fait de tendresse, de compréhension ?

L’enfant porte le projet de l’adulte qu’il deviendra.
Et l’adulte porte le projet de l’enfant qu’il était.
L’enfance — un socle commun, singulier, et universel.

L’artiste puise dans l’Enfance, son enfance, il y retourne sans cesse. C’est en créant pour les très jeunes enfants que je me le formule, comme pour être sûr de les inclure aux processus de création et pouvoir ensuite les oublier le temps de l’écriture... Mais la pensée, le projet, les contiendra.

Je viens d’une terre de manque, celle de mon enfance...
Aujourd’hui je sais, j’ai passé mon enfance à observer, écouter, interroger le sens de ce que j’entendais.
À jauger la consistance, comme des plats dont se dégagent des parfums, des saveurs, le parlé vrai, le parlé faux, l’engagement des uns passionnés, des autres déjà dans l’abandon, tous ses personnages sont avec moi aujourd’hui, et je ne peux m’empêcher d’être en lien toujours avec ses perceptions, ses palpitations du vivant, de l’humain, qui me viennent de mon enfance.

C’est comme cela que je suis devenu metteur en scène, c’est un métier que j’ai appris dans mon enfance.
                                                                    Aude Maury
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À table !
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Suite de Balles
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Toi et Moi

© 2019 asso.deci.dela

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